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Scandale DEXIA : ce que nous dénoncions, déjà, en 2008

octobre 2011, par Saint Martin d’Hères

Article du 30 septembre 2008.

Voilà 20 ans que les gouvernements successifs s’appliquent à démanteler et à privatiser les institutions financières publiques. Deux banques, parmi d’autres, font beaucoup parler d’elle dans cette semaine d’agitation financière. Cela vaut la peine de rappeler leur histoire.

Le groupe Dexia « dévisse » en bourse et quémande 6,4 milliards d’euros pour se renflouer de ses créances douteuses.

Dexia est né en 1996 de la fusion d’une banque belge et du Crédit local de France.

Le Crédit local de France a été créé, 1ère étape du processus de privatisation, en 1987 sous le gouvernement Chirac.

Il a regroupé, sous un nouveau statut de droit privé, les activités financières de la Caisse des dépôts et consignations tournées vers le financement des projets des collectivités locales : une mission de service public par excellence.

En 1991, sous le gouvernement socialiste, le Crédit local est partiellement privatisé et la moitié de son capital est mis en bourse.

En 1996, sous le gouvernement Juppé, la fusion avec le Crédit communal de Belgique achève la privatisation.

En 2008, Dexia n’est pas loin de la faillite ! Entre temps, on a assisté à la dérive vers une gestion spéculative, au détriment en particulier des collectivités locales.

Le comble : c’est le gouvernement belge pour 3 milliards d’euros et la CDC française pour 3 autres milliards qui s’apprêtent à renflouer Dexia pour qu’elle continue à être une banque privée.

La banque Natixis, quant à elle, a dû provisionner 4 milliards d’euros pour ses créances immobilières douteuses. Son cours en bourse s’effondre. Ses principaux actionnaires, les Caisses d’épargne et les Banques populaires doivent allonger 3,7 milliards.

Natixis a été constituée en 2006 après la fusion de Natexis, filiale des Banques populaires avec CDC-Ixis, filiale des Caisses d’épargne.

CDC-Ixis avait été constituée en 2001, en tant que filiale de droit privé, sous le ministère de Fabius.

CDC-Ixis a regroupé un tiers des activités financières de la Caisse des dépôts et consignations, prétendument « concurrentielles ».

Les agents de la Caisse des dépôts et leurs syndicats s’étaient opposés avec force alors à ce détournement de fonds publics vers les marchés financiers au détriment des investissements d’intérêt public.

La privatisation pur et simple du capital était programmée.

Elle a eu lieu en 2004 avec la prise de contrôle par la Caisse nationale des caisses d’épargne, dont le statut semi-public avait également été supprimé sous la « gauche plurielle ».

Dexia, Natixis : deux résultats du choix des gouvernements successifs, qui ont su se répartir les rôles dans le cadre de l’alternance, de livrer aux marchés financiers, à la spéculation, les institutions publiques financières.

Nous continuons, plus que jamais, a demander la renationalisation de ces banques : mais non la socialisation des pertes pour continuer à enrichir les capitalistes !

La Poste est l’une des principales institutions financières encore publiques.

Le processus de privatisation a été engagé de même par les mêmes gouvernements.

Sous la « gauche plurielle », les encours des Chèques postaux étaient détournés vers les marchés financiers avec la création de la filiale privée Efiposte.

A la suite d’Efiposte, la « Banque postale » est constituée en 2006.

Elle prend le contrôle de toute la gestion financière et s’engage vers une gestion de type entièrement privée. Les Centres de services financiers de La Poste restent intégrés à l’établissement public mais travaillent pour la filiale privée.

La « banalisation » des livrets A a été votée cette année, menaçant l’un des rôles majeurs de La Poste : la collecte de l’épargne populaire vers le financement du logement social.

Sans complexe, la direction de la « Banque postale » est en train de nouer, en pleine période de crise financière, un partenariat avec une filiale de la Société générale qui n’est pas, on le sait, la dernière à s’être illustrée dans la spéculation autour des « subprimes ».

Aujourd’hui, le changement de statut et la privatisation partielle de l’ensemble de La Poste sont programmés par le gouvernement.

Mettre en échec ce projet, empêcher la privatisation de la « Banque postale », gagner sa réintégration dans l’entreprise publique : voilà une lutte d’importance capitale, également vue sous l’angle de combattre le cancer financier de l’économie.

Les convergences d’intérêt sont très fortes.

Les activités financières publiques de La Poste conditionne le maintien de la présence postale, limitent les pratiques lucratives des banques (tarifs), participe dans l’intérêt du pays à la collecte de l’épargne populaire.

Des milliers d’emplois sont aussi en jeu.

Dans le cadre de la bataille contre la privatisation de l’ensemble de La Poste, la question de la « Banque postale » doit faire l’objet une lutte d’intérêt national !

A la vue des dernières décennies, n’attendons pas une éventuelle alternance en 2012 pour engager la lutte !

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